Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 14:33
 

Un air humide chargé d'odeurs de terre et de bois emplit l'habitacle du véhicule et chassa la fumée de cigarette emprisonnée à l'intérieur. Guérin, tout en conduisant d'une main, écrasa le mégot dans le cendrier déjà bien rempli et referma la fenêtre d'une pression de bouton. A ses côtés, déposée sur le siège passager, se trouvait une carte dépliée sur laquelle avait été tracé au feutre noir un parcours. Il ne connaissait pas encore tous les recoins de sa circonscription pour s'y aventurer sans plan, notamment les zones boisées situées en périphérie de la ville où les panneaux se faisaient rares. Après plusieurs hésitations et détours il parvint à retrouver le bon chemin et s'engagea sur une petite route forestière à peine entretenue, criblée de nids de poule et entravée par des buissons touffus et de longues branches d'arbres squelettiques. Un décor inhabituel pour ce flic urbain, rodé aux hautes tours grises des cités et aux agglomérations grouillantes de piétons et de circulation. Tandis qu'il s'enfonçait dans les profondeurs forestières laissées à l'état sauvage le commandant se revit vingt cinq ans plus tôt, jeune flic de la criminelle plein d’ardeur et de fougue, impatient de traquer les assassins et de les conduire menottés devant la Justice. Une grimace d'amertume déforma ses lèvres gercées par les doigts du froid. Qu’en était il aujourd’hui ? Son esprit se chargea en désillusions acides qu'il peina à balayer, oublier serait trop facile et le fatalisme n'était pas dans son tempérament . Il jeta un regard dans le rétroviseur et vit sur un fond où défilait la dense végétation deux yeux gris entourés de ridules dont la lueur mélancolique trahissait un sentiment de colère refoulé. Ses doigts serrèrent le volant à en faire pâlir les jointures pendant que l'ongle du pouce,appuyé, imprima une légère encoche sur le plastique.

Au bout de la voie rendue de plus en plus impraticable apparu enfin un véhicule sérigraphié à côté duquel discutaient des policiers et un randonneur âgé. A défaut de réécrire le passé se dit il en ralentissant l'allure autant se concentrer sur le présent. D'après le compte rendu téléphonique de son standardiste un promeneur avait trouvé au cours de sa ballade deux cadavres éventrés dans la forêt domaniale de Cluny . Un drame qui allait secouer cette si paisible communauté mais qui renouvelait le type de criminalité à laquelle il était confronté depuis ses prises de fonctions, un an auparavant, en tant que chef du poste de police. A un détail près et de taille. Son rôle se limitait désormais à celui du premier intervenant et à rien d'autre; la criminelle de Lyon, avertie, allait rappliquer et récupérer l'enquête à son compte.

Il se rangea comme il pu, entre deux gros tronc d'arbres centenaires dont les premières feuilles mortes valsaient sous les coups du vent. A peine sortait il de sa voiture qu'un froid sibérien frappa ses joues. Il réajusta le col de son manteau et se dirigea vers le petit groupe.

  • Monsieur le commissaire...déclara le vieil homme en serrant la main du commandant.

    Elle tremblait un peu et pas uniquement pour des raisons liées à son âge avancé. Visiblement le témoin était encore sous le choc de sa macabre découverte. Cramponné à un solide bâton, équipé de bottes crottées et d'un sac à dos léger, il portait un épais bonnet en laine sous lequel ressortait un visage oblong déformé par la vieillesse et percé de petits yeux noirs. Nul doute que ce promeneur avisé connaissait bien le coin.

  • je ne suis que commandant répliqua Guérin en fourrant ses mains dans ses poches. Ici tout le monde l'affabulait du grade de commissaire à l'image des célèbres séries policières qui fleurissaient sur les écrans. Sans doute voyait on en lui le fin limier capable de résoudre la moindre énigme, si petite soit elle. Il s'adressa à ses hommes. Avez vous prévenu les secours?

  • Le docteur Blanchard est en route patron répondit l'un des policiers en tenue. Il ne devrait pas tarder.

L'ancien prit un bout de tissu dans l'une de ses poches et se moucha bruyamment.

  • En cette saison je pars aux champignons tous les lundis matin déclara t il spontanément. C'est ce que j'ai fait aujourd'hui, à mon habitude. Je suis allé vers mon coin aux cèpes. Aimez vous les champignons inspecteur ?

  • Pas du tout rétorqua Guérin plus préoccupé par l'enquête que par des considérations culinaires. D'ordinaire il se serait bien aventuré sur ce terrain pour détendre le témoin mais il faisait froid et il ne voulait pas perdre de temps à geler sur place. Vers quelle heure êtes vous parti de chez vous?

  • Dès le levé du jour, je ne vais pas n'aventurer dans la forêt de nuit à mon âge.

  • bien sûr. C'est loin d'ici votre cachette à champignons?

Ses yeux brillèrent de fierté.

  • A environ vingt minutes de trajet à pieds. Son regard devint inquiet. Dites moi commissaire j'aurai le droit d'y retourner après? Les coins comme ça y en a pas beaucoup...

  • Rassurez vous, personne ne va voler votre secret le rassura Guérin en posant une main amicale sur sa frêle épaule. Serez vous capable de nous y conduire?

Ses hommes lui jetèrent des regards surpris ( Ne valait il pas mieux laisser le retraité rentrer chez lui et se reposer le temps que la criminelle arrive ?) et chargés de reproches ( quelle idée avait il derrière la tête ? ) Le commandant comprenait cette réaction. Elle correspondait parfaitement à la mentalité des policiers ayant passé leurs carrières en sécurité publique. Habitués à traiter des petits délits, systématiquement dessaisis en cas de grosse affaire, ils rongeaient leurs freins à patrouiller où à prendre des plaintes. Sans doute s'attendaient ils à devoir surveiller les accès au bois à l'intérieur chauffé de leur voiture jusqu'à l'arrivée de la police judiciaire. Guérin ne voyait pas les choses sous un même angle et comptait bien briser cette routine. Sa curiosité le chatouillait méchamment et il ne souhaitait pas laisser la primeur de la scène de crime à ses homologues de Lyon. Seulement l'issue favorable de ses espérances dépendait du bon vouloir du vieil homme car il était incapable de s'y rendre sans guide. Celui ci ,tiraillé entre son sens du civisme et l'envie d'être auprès de son épouse, se gratta le menton d'un air pensif.

  • C'est d'accord, répondit il finalement la voix hésitante et visiblement peu motivé  de retourner là bas.

  • Je vous remercie, je sais que ce n'est pas facile que d'avoir à supporter les lourdeurs de l'enquête surtout après une telle épreuve le gratifia le commandant. Nous ferons en sorte de vous indisposer le moins possible. Dites moi, avez vous croisé quelqu'un sur votre trajet ?

  • Non j'étais seul. Personne ne s'aventure par ici sauf quelques touristes en été.

  • Et ensuite que c'est il passé ?

  • Je ramassais tranquillement des girolles quand j'ai remarqué une sorte d'éclat lumineux.

  • Un éclat? Le policier fronça les sourcils et se demanda si le retraité avait toute sa tête. Pourtant son visage demeurait le plus sérieux du monde et Guérin fut persuadé qu'il ne mentait pas.

  • Oui confirma t il, une espèce de scintillement ou quelque chose dans le genre. C'était sur ma gauche et assez proche, à quelques dizaines de mètres, pas plus. Intrigué je suis allé voir ce que c'était...vous savez je n'ai plus une bonne vue.

    Il baissa les yeux et fixa un point invisible par delà le voile de la réalité. Sa bouche se crispa de dégout.

  • Sous un gros arbre couché poursuit t il en des murmures couverts par le vent, gisaient deux corps sans têtes et avec les torses grand ouverts. Et des uniformes. C'était affreux. Il y a du sang partout.

  • Des uniformes ? S'étonna franchement le commandant surprit par cette nouvelle information.

  • oui comme ceux des militaires, vous savez des tenues de camouflage.

  • Vous pensez qu'il puisse s'agir de chasseurs vêtus pour la circonstance?

Il secoua la tête.

  • C'est pas encore la saison et de mémoire d'homme il n'y en a jamais eu de chasseurs de part ce côté de la forêt. C'est plutôt celui des chasseurs de champignons.

  • Ils étaient armés?

  • Franchement dès que j'ai vu ça je suis parti aussi vite que mon corps pouvait le supporter. Le temps de revenir et de vous prévenir...une chance que ma femme m'ait offert un téléphone portable. En fait je comptais vous appeler de là bas mais on ne capte rien dans la forêt, à croire que la nature repousse la modernité...

Un bruit de moteur attira leur attention et interrompit la conversation. Une ambulance locale, secouée par les innombrables nids de poule, débarquait d'entre les branches et les buissons. N'ayant pas suffisamment d'espace libre pour avancer au delà du véhicule de Guérin, le conducteur fut contraint de s'arrêter. Les portes arrières de l'ambulance s'ouvrirent d'où ermergèrent la silhouette rondouillarde du docteur Blanchard. Le médecin était l'une de ces rares connaissance. Ils s'étaient rencontrés au cours d'une réception organisée en son honneur par le maire quelque temps après son arrivée. Passionné par la littérature policière Blanchard brûlait de curiosité pour tout ce qui touchait de près ou de loin à des enquêtes criminelles et avait avoué, à demi mot, son regret de ne pas être devenu légiste. Depuis ce dernier l'invitait de temps en temps à venir prendre un verre dans son cabinet après la fin des consultations et profitait de l'occasion pour le questionner sur ses meilleures affaires. Petit et bedonnant, la mine ronde aux joues rougies par le froid et noyée sous une épaisse barbe grise, l'allure de cet homme rappelait celle d'un père noël en civil. Il se contenta de saluer les policiers d'un signe de la tête et demanda au témoin de le suivre à l'intérieur de l'ambulance pour y être examiné.

Après quelques minutes il revint vers Guérin d'un pas décidé, l'extrémité de son stéthoscope oscillant sur la panse de son ventre épais.

  • il va bien déclara t il en ôtant ses gants en latex. Cependant je ne suis pas d'accord à ce qu'ils vous conduise sur les lieux du crime. Je préfère qu'on le raccompagne chez lui.

Le commandant encaissa le coup et se contenta d'acquiescer en silence. Il n'avait plus qu'à attendre les bras croisés que la police judiciaire se pointe avec son légiste. Avec un peu de chance ils le laisserait les suivre. Blanchard remarqua sa gêne, il n'ignorait pas que Guérin restait sur sa faim tel un loup en cage devant un beau morceau de viande.

  • Sauf à une condition...précisa t il en souriant.

Guérin comprit la ruse et réalisa qu'il avait été berné. Cependant il fit semblant de ne pas comprendre l'allusion.

  • laquelle doc?

  • Qu'il soit accompagné par un médecin.

  • Vous ne ratez pas une occasion vous!

  • Elle ne se représentera pas de si tôt.

  • Je l'espère doc, je l'espère.



Par Fonsaluste
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 10:58
 



-          Vous savez j’y tenais à mon lot  de pendules se lamentait la vieille dame en affichant des yeux de chien battu. Pauvre Charles ! Il doit se retourner dans sa tombe. C’est un comble tout de même de venir voler chez les gens, la nuit pendant le sommeil.

Marc Guérin se contenta d’ hocher la tête en signe de compassion simulée. Que pouvait faire t il d’autre ? Pas d'indices, pas de témoins. A moins d'être voyant...

-          Tenez madame signez là en bas à gauche dit il en tendant la plainte avec son stylo.

La plaignante colla son visage à la feuille, sembla lire quelques lignes du procès verbal et apposa d'une main tremblante sa signature. Elle releva la tête le regard plein d’espoir.

-          Vous allez me retrouver mes pendules  monsieur l’agent?

-          Nous allons faire tout notre possible voulu la rassurer le policier en essayant de mettre le plus de conviction dans sa voix, mais faites changer votre serrure au plus vite et dépêchez vous de signaler le vol à votre assurance.

  • vous savez c'était surtout sentimental parvint elle à dire entre deux sanglots étouffés, peu m'importe d'être remboursé.

    Le policier eu un pincement au cœur et se ravisa de lui dire qu'elle ne reverrait pas ses biens.

  • Je comprends madame se contenta t il de prononcer du bout des lèvres.

    Il l'invita à se lever et la ramena jusqu’au seuil du commissariat. De retour dans son bureau Guérin prit la plainte et la rangea dans le classeur des « VAINES RECHERCHES ». Une de plus qui s'ajoutait au tas existant. Puis il  ouvrit la fenêtre et s'accorda une pause cigarette. Face à lui s’étendait la profonde forêt domaniale de Cluques sur Vergnes , vaste étendue boisée qui s'étendait à perte de vue. A cette époque de l'année elle offrait de jolies disparités de couleurs, des touches de vert sombre, de marron, en passant par des teintes orangées, tel un gigantesque tableau impressionniste laissé à ciel ouvert par un peintre géant. Or cette magnifique forêt représentait à elle seule près de 95 pourçent de la superficie de sa zone de compétence. La différence restante étant constituée du village, un trou paumé dans le fin fond de la province varoise, à se demander s'il était référencé sur les cartes de l’institut national géographique. Le vent d'automne froid et insidieux s’invita dans la pièce. Guérin se frictionna les bras pour chasser un frisson le parcourant, le chauffage ne marchait plus depuis l’hiver dernier et les crédits pour les réparations tardaient à être débloqués. Le seraient ils un jour ? Voila près de trois ans qu’il croupissait dans ce  poste de police  aux murs fissurés, aux papiers peints jaunis par l'humidité et le passage du temps, au parquet rongé par la moisissure avec des portes et des fenêtres branlantes sous un toit infiltré par les pluies, pour recevoir des déclarations de disparitions de chats et des plaintes de vols de pendules, secondé par une poignée d’hommes valables mais tout aussi désabusés que lui. Il avala le fond de sa tasse à café et jeta le mégot dehors, tant d’autres pourrissaient en contre bas. Une mauvaise migraine apparue, nichée au fond de son cerveau. Le policier se massa l’arrête du nez , un simple réflexe, en sachant pertinemment que ce geste n’allait pas chasser la douleur naissante. Il referma la fenêtre et se rassit. En fouillant dans ses tiroirs à la recherche de cachets d'aspirine Guérin mit la main sur une photographie jaunie par le temps et aux bords cornés : quatre hommes se tenant par les épaules autour d'une table couverte de bouteilles et de verres. Quatre amis. Quatre flics. Ah si tout était à refaire songea t il un brin mélancolique et les lèvres déformées par un rictus amer. Son téléphone sonna et le tira de ses tristes pensées. D'un geste brusque il claqua le tiroir comme pour y enfermer définitivement ses souvenirs et décrocha le combiné.

  • Commandant ?

Il reconnu la voix du standardiste.

  • oui?

  • J'ai une mauvaise nouvelle pour vous chef.

Par Fonsaluste
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 13:16
 

L'aube naissante découpa le ciel de son halo rosé. Les premiers rayons du soleil vinrent réchauffer les troncs d'arbres et les extrémités glacées de quelques vieilles pierres recouvertes d'une épaisse couche de lierre et de feuilles mortes. Seul le silence, entrecoupé de gazouillis d'oiseaux annonçant la naissance d'un nouveau jour, semblait maître de ce coin de forêt abandonné des hommes. Enfin pas exactement. Un détail sortait de l'ordinaire: deux formes tapies sous les restes d'un immense arbre déraciné et couché à même le sol. Deux formes qui bougeaient de temps en temps de manière calculée et surtout discrète pour ne pas être repérées.


Une araignée passa dans le champ de vision, son corps noir et velu fut grossit par les lentilles optiques , l'homme se détourna un instant de ses jumelles et chassa l'insecte d'un souffle. Quelques feuilles virevoltèrent emportant au loin l'arachnide indésirable.

  • Tu veux qu'on nous voit ou quoi ? Reprocha tout bas un autre homme allongé juste à côté de lui.

  • Pardonne moi. Mais une...

  • Je ne veux rien savoir. Tu surveilles et c'est tout. Dès qu'il arrive tu me fais un signe .

L'observateur se contenta d' hocher la tête en silence. Son comparse caressa de la main le long canon de son fusil à lunette au bout duquel avait été fixé un silencieux dont l'acier ne resterait pas froid longtemps.


Jean appréciait toujours autant se promener dans les bois de bonne heure, juste au moment où la forêt venait à se réveiller, baignée par la douce lumière du soleil. Il se sentait serein au milieu de cette quiétude verdoyante, un avant goût de paradis terrestre à sa disposition où personne ne viendrait le déranger. Certes ses jambes ne le portaient plus comme autrefois et il devait souvent s'arrêter pour reprendre son souffle mais la quête de champignons frais restait pour lui un plaisir authentique dont la récompense le faisait saliver d'avance. Poche et couteau en main il marchait à son rythme, les yeux rivés au sol, à la recherche des précieux eumycètes que sa femme se ferait un plaisir de cuisiner pour le diner. Avec un peu d'ail songea t il, son plat favoris.



L'observateur fit un geste de sa main gantée, son complice s'activa et se positionna pour tirer, l'œil droit rivé sur la lunette de visée.

  • 43 degré ouest. Un homme. Européen. Âgé.

Le tireur pivota légèrement et se figea.

  • Ciblé.

    Son doigt se crispa sur la détente.



Un champignon à chapeau orangé égermait du tapis de feuilles brunâtres et attira son attention. Jean se pencha pour l'identifier au travers de ses grosses lunettes, sa vue le trahissait parfois et il ne voulait pas rapporter des champignons non comestibles. Un cantharellus ferruginascens ou plus communément appelé girolle ferrugineuse. De quoi satisfaire ses papilles de gourmet. A l'aide du couteau il trancha la base du champignon et le déposa délicatement dans le fond de sa poche plastique. A cette cadence bien d'autre iraient le rejoindre.


  • un simple cueilleur de champignon chuchota l'observateur en relâchant son attention des jumelles.

  • C'est peut être une ruse. Les promeneurs sont plutôt rares par ici. Restons vigilants.

  • Ils n'oseraient pas envoyer un grabataire.

Le tireur lui lança un regard noir chargé de reproches puis retourna à sa lunette.

  • Dis moi combien de missions as tu fait avant celle ci?

    On lui avait imposé son co-équipier et il fallait faire avec. Malheureusement. Depuis leurs arrivées séparées sur le site d'opération ils avaient très peu parlé sauf pour échanger des banalités d'usage, celles que se disent des hommes de main, des mercenaires appâtés uniquement par le goût du risque et l'odeur de l'argent. Une fois le coup terminé les deux hommes se quitteraient comme s'ils ne s'étaient jamais rencontrés, ils ignoraient même leurs prénoms respectifs.

  • Pas beaucoup rétorqua l'autre tout bas plus pour s'excuser.

    Cette affirmation manquait de conviction.

  • De quel type? Insista le tireur qui anticipait déjà une réponse qu'il ne voulait pas entendre.

  • Uniquement de l'observation. C'est ma première d'active.

  • Dans ce cas tu devais avoir les yeux fermés. Ses craintes étaient confirmées. Il secoua la tête de dépit, déçu que ses supérieurs n'aient pas prit de mesures plus adaptées à la situation. Maintenant arrête de jaser, c'est un ordre poursuit il la mâchoire serrée. Contente toi de faire ton job.


Une chance. Des tas de champignons n'attendaient qu'à être cueillis. Jean continuait paisiblement sa cueillette en sifflotant ignorant tout du danger invisible qui le guettait à moins de 100 mètres. Son sac était déjà bien rempli mais il voulait en rapporter un maximum, le reste des champignons irait dans des bocaux à longue conservation. Soudainement son pied ripa sur une pierre et il fut à deux doigts de tomber. Son mouvement avait chassé une partie de la terre meuble et des feuilles, Jean recula: ce n'était pas une pierre mais une tombe. Sans le savoir il avait foulé un ancien cimetière recouvert par la dense végétation.


  • Réaction du sujet annonça froidement l'observateur.

  • Et le niveau ?

  • Conforme aux données du gps. Il est pile à l'endroit mais il a l'air surprit, voir gêné. Ça ne peut pas être notre cible.

  • J'aime pas ça. Il y a un truc qui cloche.

  • Et le truc c'est moi s'exclama une voix perchée au dessus de leur cachette.

D'instinct les deux hommes se retournèrent mais il était déjà trop tard.

 

 

 

 

Par Fonsaluste
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